Aménagement

Housse pour mobilier de jardin : bien la choisir et bien couvrir son salon

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Housse pour mobilier de jardin : bien la choisir et bien couvrir son salon

Un salon de jardin passe plus de temps dehors, inutilisé, qu’occupé. Pluie, soleil, feuilles, pollen et fientes s’y déposent des mois durant, et c’est souvent pendant ces périodes creuses que le mobilier vieillit le plus. Une housse pour mobilier de jardin bien choisie limite ces dégâts ; mal choisie ou mal posée, elle en crée d’autres, à commencer par l’humidité enfermée sous la toile.

Le bon achat ne se joue pas sur le prix affiché mais sur quatre points : la taille réelle du mobilier, le tissu et ses mentions techniques, la gestion de la condensation et la tenue au vent. Viennent ensuite les gestes de pose et d’entretien, qui décident de la durée de vie de la housse autant que sa fabrication.

Ce qu’une housse protège, et ce qu’elle ne remplace pas

Une housse fait écran. Elle arrête la pluie battante, les dépôts organiques et une grande partie du rayonnement solaire, trois causes d’usure qui touchent tous les matériaux. Le bois grise et se tache, la résine tressée se décolore, l’aluminium se couvre d’un voile terne : sous une toile, ces phénomènes ralentissent nettement.

Elle ne transforme pas pour autant un salon d’extérieur en meuble d’intérieur. Les coussins, garnis de mousse, gagnent toujours à être rentrés dès que la saison s’achève, même sous une housse : une mousse qui a pris l’eau sèche mal dans un espace fermé. Un mobilier fragile au gel ou très léger trouve aussi une meilleure place dans un abri, un garage ou une remise.

La housse devient alors l’outil de l’entre-deux : les semaines de pluie au printemps, les absences d’été, l’hiver pour un ensemble trop encombrant à ranger. Nos conseils pour entretenir un salon acheté en déstockage complètent ce réflexe, matériau par matériau.

Mesurer son salon avant de choisir une taille

Une housse trop petite ne descend pas assez bas et laisse les pieds sous la pluie ; trop grande, elle forme des poches où l’eau stagne et offre une prise au vent. La mesure se fait donc sur le mobilier tel qu’il sera couvert, pas sur la fiche produit du salon.

Trois cotes suffisent : la longueur et la largeur hors tout, en comptant les accoudoirs et les chaises glissées sous la table, puis la hauteur au point le plus haut, souvent le dossier. Pour un ensemble table et chaises, deux options coexistent :

  • couvrir l’ensemble d’un seul tenant, chaises rangées autour ou sous la table, avec une housse rectangulaire ou ronde selon la forme du plateau ;
  • couvrir séparément chaque élément : une housse de table, des housses de chaises empilées, une housse dédiée au bain de soleil ou au canapé.

La première solution protège mieux les jonctions et se pose plus vite. La seconde laisse la liberté de ne couvrir que ce qui reste dehors. Dans les deux cas, prévoyez une légère marge au-delà de vos cotes pour que la toile tombe sans tirer sur les coutures.

Mains mesurant au mètre ruban la longueur d’une table de jardin en aluminium sur une terrasse

Pour une table ronde, relevez le diamètre du plateau et la hauteur, puis vérifiez que la housse descend sous l’assise des chaises si elles restent en place. Un salon installé sous une pergola bioclimatique change aussi la donne : un mobilier déjà abrité du soleil et d’une partie de la pluie se contente d’une toile plus légère.

Lire l’étiquette : colonne d’eau, denier et grammage

Les fiches techniques des housses empruntent leur vocabulaire au textile technique. Trois mentions reviennent, et aucune ne suffit seule.

La colonne d’eau traduit la résistance du tissu à la pénétration de l’eau. La norme EN ISO 811, qui a remplacé l’ancienne EN 20811, la mesure par pression hydrostatique : la pression d’eau augmente sous l’échantillon jusqu’à l’apparition de gouttes sur la face opposée. Le résultat s’exprime en centimètres d’eau, parfois en kilopascals ou en millibars. Plus la valeur est haute, mieux la toile résiste à une pluie qui insiste.

Le denier désigne la finesse du fil : c’est la masse en grammes de 9 000 mètres de ce fil. Il renseigne sur le fil, pas sur le tissage ni sur l’enduction. Le grammage, lui, donne la masse surfacique de l’étoffe, mesurée selon la norme NF EN 12127. Un tissu lourd n’est pas forcément plus étanche : c’est l’enduction qui fait l’essentiel du travail contre l’eau.

MentionCe qu’elle mesureCe qu’elle ne dit pas
Colonne d’eau (EN ISO 811)La résistance du tissu à la pénétration de l’eau sous pressionLe comportement des coutures et des fermetures
Denier (D)La finesse du fil, en grammes pour 9 000 mLa densité du tissage et la qualité de l’enduction
Grammage (NF EN 12127)La masse du tissu par unité de surfaceL’étanchéité et la respirabilité
Résistance à la vapeur d’eau (EN ISO 11092)La capacité du tissu à laisser passer la vapeurLa tenue au soleil

Les coutures restent le point faible d’une housse étanche : une couture simple laisse passer l’eau par les trous d’aiguille. Des coutures soudées ou recouvertes d’une bande d’étanchéité, lorsqu’elles sont annoncées, pèsent souvent plus dans le résultat qu’une colonne d’eau un peu plus élevée.

Étanche ou respirante : le compromis contre la condensation

Une housse parfaitement étanche pose un problème physique. L’air emprisonné sous la toile contient de la vapeur d’eau ; quand la température baisse, la nuit ou à l’automne, son humidité relative monte, jusqu’au point de rosée où la vapeur se condense en gouttelettes sur le mobilier. Le Centre de recherche et de restauration des musées de France (C2RMF) rappelle que la condensation sur les objets tache et favorise le développement des moisissures. Les fabricants de toiles enduites citent eux aussi les écarts de température entre le jour et la nuit parmi les causes de condensation à éviter.

La respirabilité se mesure par la résistance à la vapeur d’eau, selon la norme EN ISO 11092 : plus cette résistance est élevée, moins le tissu respire. Un enduit polyuréthane forme un film dense qui fait barrière à la vapeur, ce qui explique qu’une toile très imperméable soit souvent peu respirante.

Détail d’une housse de mobilier en tissu gris foncé avec aération grillagée, cordon de serrage et gouttes de pluie qui perlent

La parade tient à la conception plus qu’au tissu seul :

  • des aérations protégées par un rabat, placées en partie haute, laissent l’air humide s’échapper sans laisser entrer la pluie ;
  • une housse arrêtée un peu au-dessus de la terrasse, plutôt que traînant au sol, laisse circuler l’air par le bas ;
  • un mobilier posé sur des cales plutôt qu’à même une dalle mouillée évite la remontée d’eau par les pieds.

L’enjeu est réel. L’Institut canadien de conservation indique qu’à 70 % d’humidité relative, une moisissure met trois mois ou plus à se développer, contre quelques jours seulement à 90 %. Ces seuils viennent de la conservation des collections, pas du jardin, mais l’ordre de grandeur montre qu’un air saturé et immobile sous une toile fermée reste le pire scénario pour un salon en bois ou des coussins oubliés.

Soleil et teinte : ce que les UV font au tissu

Le rayonnement ultraviolet jaunit et affaiblit les fibres textiles, et il fait passer les teintures : c’est le constat de l’Institut canadien de conservation. Sur une housse, cette dégradation par photo-oxydation attaque d’abord la fine couche de surface exposée, qui devient cassante.

La résistance d’une teinte à la lumière se mesure selon la norme ISO 105-B02, sous une source artificielle représentative de la lumière du jour. Le résultat se lit sur l’échelle des bleus, de 1 pour une couleur qui passe vite à 8 pour une couleur très stable, chaque échelon demandant environ deux fois plus d’exposition que le précédent pour se décolorer. Une note de solidité à la lumière, quand elle figure sur la fiche, vaut mieux qu’une promesse « anti-UV » sans chiffre.

Côté usage, une housse claire chauffe moins au soleil qu’une housse sombre, mais montre plus vite les salissures. Dans un jardin très exposé, un ombrage de terrasse réduit à la fois l’usure du mobilier et celle de sa housse.

Sangles, cordons, attaches : tenir la housse par vent fort

Météo-France range le mobilier de jardin parmi les biens laissés dehors que le vent peut emporter. Une housse mal tenue se gonfle comme une voile, frotte contre le mobilier et finit par s’envoler, en entraînant parfois les chaises avec elle.

Trois dispositifs complémentaires la maintiennent :

  • un cordon de serrage en bas de housse, avec bloqueur, qui resserre l’ourlet sous le plateau ou autour des pieds ;
  • des sangles à boucle clipsable qui passent sous le mobilier ou autour des pieds ;
  • des œillets qui servent à arrimer la housse à un point fixe lorsque le jardin est exposé.

Une housse ajustée à la taille du mobilier offre aussi moins de prise au vent : c’est un argument de plus pour mesurer avant d’acheter.

Couvrir son mobilier en cinq gestes

La pose compte autant que la housse. Voici l’ordre qui évite l’essentiel des déconvenues :

  1. Nettoyer le mobilier et le laisser sécher complètement : une surface sale ou humide sous une toile fermée cumule taches et moisissures.
  2. Rentrer les coussins, les galettes et les textiles amovibles, ou les ranger dans un coffre au sec.
  3. Rassembler les éléments en un volume compact, chaises contre la table, et poser les pieds sur des cales si la terrasse retient l’eau.
  4. Créer un point haut au centre du plateau, avec un seau retourné ou un support prévu à cet effet, pour que la pluie s’écoule au lieu de former une flaque.
  5. Enfiler la housse, aérations vers le haut, puis serrer le cordon et fixer les sangles sans tendre la toile à l’excès.

Mains essuyant une table de jardin en bois avec un chiffon avant de la couvrir, housse pliée et coussins empilés à côté

Une visite de temps en temps, après les grosses pluies, suffit ensuite : soulever un pan de housse, vérifier l’absence de buée ou d’eau stagnante, et laisser respirer le mobilier par une journée sèche et ventée. Notre article sur le choix du mobilier de jardin détaille l’entretien du bois, de la résine et de l’aluminium avant l’hivernage.

Entretenir la housse pour qu’elle dure plusieurs saisons

Les fabricants de toiles enduites s’accordent sur une méthode douce : rincer à l’eau claire, froide ou tiède, nettoyer à l’éponge souple avec un savon neutre ou un détergent non ionique, rincer de nouveau, puis sécher avec soin. Les brosses dures et les solvants sont à proscrire, et le nettoyeur haute pression reste déconseillé : mal utilisé, il abîme l’enduction. L’eau de Javel n’a rien à faire sur une housse enduite.

Le séchage conditionne tout le reste. Une housse repliée humide moisit dans son sac, et les fabricants insistent : un tissu enduit doit être propre et entièrement sec avant d’être rangé. Pendant la belle saison, stockez-la au sec et à l’abri du soleil, sans charge posée dessus qui marquerait des plis durables dans l’enduction.

Surveillez enfin les points d’usure : ourlet effiloché, couture qui s’ouvre, enduction qui farine au toucher. Une petite réparation faite tôt évite qu’une déchirure ne s’agrandisse au premier coup de vent.

Par où commencer

Mesurez votre salon tel qu’il restera dehors, puis choisissez une housse à la bonne taille, dotée d’aérations en partie haute, d’un cordon de serrage et de sangles. Lisez la colonne d’eau et, si elle figure, la note de solidité à la lumière plutôt que les arguments publicitaires. Ne couvrez jamais un mobilier mouillé et rentrez les coussins avant la mauvaise saison. Pour prolonger ces conseils, notre dossier sur l’aménagement extérieur et nos idées de décoration de jardin aident à organiser le reste de l’espace.